Sa charge d’évêque

Le zèle pastoral de Mgr Sloskans s’enracine dans son immense amour pour l’Église. Il a vraiment aimé l’Église pour laquelle il a tant souffert pendant sa vie. Son amour profond de l’Église fut vécu dans l’obéissance au Pape et, tout spécialement, dans la fidélité héroïque qu’il manifesta dans l’accomplissement de ses devoirs de pasteur des diocèses de Minsk et de Moghilev.

Comme nous le disions, il fut arrêté en 1927 précisément en raison de ce ministère. Après les trois années passées dans les îles Solovki, en 1930, par fidélité à ses devoirs d’évêque, il revint à Moghilev où, après une semaine, il fut à nouveau arrêté. En 1933, ce n’est que par obéissance au Pape qu’il accepta de quitter l’Union Soviétique parce que, lui-même, il sentait la nécessité de rester comme pasteur au milieu de son troupeau. Il était prêt au martyre, à offrir sa vie pour le Christ.

Après la guerre, Mgr Sloskans resta en communion profonde avec ses diocèses de Moghilev et de Minsk. En Belgique, il se soucia aussi de l’avenir de la Lettonie, en formant des prêtres et des laïcs. Il manifestait chaque fois une grande largeur de vue.

Dans le ministère sacerdotal, la qualité de relation et de présence a une grande importance. De ce point de vue également, Mgr Sloskans fut remarquable. Sa présence toute spirituelle était lumineuse, elle apaisait, elle était humble, chaleureuse et bienveillante. Le regard de Mgr Sloskans le manifestait déjà. Après sa visite à Lisieux en 1933, des témoins furent frappés par son visage qui « rayonne surtout la sérénité, cette paix acquise dans l’épreuve vaillamment supportée, cette expression surnaturelle enfin, qui trahit les saints »[1].

Sa qualité de relation et de présence fut tout particulièrement liée à son humilité qu’il faudrait mettre en relief. Dans l’homélie des funérailles, le cardinal Danneels disait : « L’humilité et la modestie caractérisent Mgr Sloskans (…). Y eut-il quelqu’un de plus anéanti, de plus inconnu, oublié, mort dans l’oubli ? »



[1] Annales de Lisieux, 9 (10, octobre 1933), p. 292.

 

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